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Un Fuoriclasse nous a quittés. Hommage

Mis à jour : il y a une heure


Ce Vendredi dans les rues de Rosario aux alentours de 17 heures, un vieillard de 71 ans est sur sa bicyclette. C’est le moment que choisit un jeune délinquant pour le lui voler. L’accident vasculaire cérébral déclenché par le coup violent porté à la tête par son agresseur l’emportera une fois arrivé à l’hôpital.


Si la ville de Rosario ainsi qu’une bonne partie de la presse footballistique sont en émoi, c’est n’est pas un hasard car c’est un mythe qui nous a quittés.


Tomas Félipe Carlovich, «El Trinche» (la fourche) est inconnu au Panthéon du football. Son Palmarès se limite à quatre matches de Primera (Première division Argentine) avec Rosario Central et une carrière assez brève sous les couleurs de Central Cordoba ou encore de Colon Santa Fe en deuxième et troisième divisions. Pourtant, il est considéré comme l’un des meilleurs joueurs argentins de l’Histoire.


D’après Jorge Valdano, Marcelo Bielsa lui aurait confié qu’il se déplaçait quasiment tous les samedis au « Coloso del Parque », le stade de Newell’s pour le voir jouer. José Pekerman (Ancien selectionneur de l’Argentine) affirme toute l’émotion et le souvenir impérissables que Carlovich lui a procurés.


Celui qui décrit le style du joueur de la meilleure des manières reste César Luis Menotti : « On avait l’impression que le ballon lui appartenait, qu’il devenait intelligent et qu’il aimait faire des choses artistiques avec lui ». «El Trinche» est le joueur typique de quartier et des potreros (Terrains de fortune), comme seule l’Argentine sait en faire, un peu l’équivalent du « le3ab dial drouba » à la technique sublime et lente, voire poétique.


En 1974 L’Albiceleste se prépare à s’envoler pour la R.F.A pour disputer le mondial. En guise de préparation elle affronte à Rosario une équipe composée de cinq joueurs de Newell’s Old Boys, cinq joueurs de Rosario Central et Carlovich, seul représentant de Central Cordoba. Le score est de 3-0 à la mi-temps pour l’équipe de Rosario. «El Trinche» est de loin le meilleur joueur sur le terrain. D'ailleurs, Vladislao Cap alors sélectionneur de l’équipe d’Argentine demandera à son homologue de le remplacer.

La suite normale aurait été de voir «El Trinche» réaliser une carrière à la hauteur de son talent. Il n’en fut rien.

Ce grand gaillard humble et modeste d’origine croate ne joue pas au football pour la gloire ou l’argent. Il leur préfère les matchs interminables avec les enfants de son quartier, les asados et les soirées entre amis. C’est ça la vie dont il rêvait.

Pur joueur de football et indomptable, sa légende raconte qu’il aurait réalisé un aller-retour (Double petit pont) à la simple demande d’un spectateur présent dans le stade de Central Cordoba. Coquin.


Cette icône de la ville de Rosario, incarne une vision romantique du football, et particulièrement, ce qu’il peut y avoir de plus humain, à savoir l’émotion, la beauté du geste ou la loyauté.

Un pied de nez magnifique au football contemporain de plus en plus industrialisé, aseptisé et financiarisé, ce qui renforce son mythe.


«El trinche» recevra ses derniers adieux et sera ovationné, dans sa maison, le stade Gabino Sosa de Central Cordoba avec beaucoup d’émotions. D’aucuns se souviendront de sa manière unique de jouer au football et de sa manière de vivre.


Lors du dernier match de sa carrière avec Central Cordoba. Carlovich est introuvable et le bus de son équipe s’en va sans lui pour Buenos Aires. Le lendemain, jour du match, une bande de supporters de Central se préparant à faire le voyage pour la capitale l’aperçoivent dans la rue. C’est alors qu’ils fait le voyage avec eux. «El Trinche» parviendra à jouer la seconde période. Bien évidemment, il fut le meilleur sur le pré.


Adios L'artiste.

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